Texte n°46 : Les artistes de collections

En correspondance avec le n°46 (p.164-165) du livre papier.

« Lorsqu’à l’hiver 2008, nous avons constitué l’association CINQ,25 du réseau d’art contemporain en Limousin, nous avons voulu lui donner une première forme concrète en organisant un mois d’évènements autour du film et de la vidéo. art nOmad fut bien sûr partenaire, et s’impliqua dans la diffusion d’œuvres choisies dans les collections du FRAC. Mais l’énergie de diffusion qui caractérise cette structure ne s’est pas arrêtée là. Convaincue de la souplesse et du bien-fondé d’une telle démarche, Clorinde Coranotto et ses collaborateurs imaginèrent ensuite d’adapter la formule en s’immisçant dans les salons privés de certains hauts-viennois, creusois et corréziens. Il s’agissait de faire irruption dans l’univers domestique des participants pour créer un évènement entre voisins et amis, l’apéro-vidéo. Depuis 2008, trois sessions d’apéro-vidéos ont eu lieu. À chaque fois, art nOmad et le FRAC choisissent des œuvres étonnantes et les séances de projection sont suivies par des échanges vifs entre les participants. C’est vrai que la vidéo diffusée sur l’écran de télévision ou projetée sur un mur du salon met en évidence ce langage télévisuel que nous partageons tous, de gré ou de force. Mais les audaces de certains artistes déclenchent à chaque fois des débats passionnés.

Cette formule me rappelle l’œuvre pensée par l’artiste californien Chris Burden pour la campagne bourguignonne en 1994. Invité à l’époque par le centre d’art dijonnais Le Consortium, l’artiste se mit en tête d’acheter d’anciennes 2 CV Citroën break, certaines à l’état d’épaves, pour en reconstituer trois qui furent transformées en cinémas ambulants.
Au centre d’art, l’exposition des pièces détachées des épaves de voitures hésitait entre l’ambiance d’un garage automobile et celle d’un laboratoire d’archéologie industrielle.
Pendant la durée de l’exposition, les voitures réparées et aménagées en cinémas ambulants diffusèrent sur les places des villages bourguignons des vidéos de Chris Burden, montages d’images télévisuelles des émeutes qui dévastèrent Los Angeles en 1992.
La vision de ces évènements dramatiques par l’artiste trouvait, dans la campagne bourguignonne, un écho inattendu, loin, très loin, de tout exotisme et sans les filtres médiatiques habituels. »

YANNICK MILOUX, directeur du fonds régional d’art contemporain du Limousin.

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